lundi 13 juillet 2009

Dream of GreenResinS

Debout devant le miroir, elle repense à la nuit. Autour d’elle, des ombres planent comme un brouillard épais. Elle est seule mais elle frissonne craignant d’être observée par des milliers d’yeux invisibles venus d’un monde paralèle. Chaque matin, ses cauchemars ne la lâchent pas. Des serpents de songes s’enroulent autour de ses chevilles et la prennent en otage. C’est une sensation persistante comme une sueur de peur qui glace les idées. Elle finira par redouter la nuit… Elle ouvre le robinet et des images lui reviennent par flashs. Une lune rouge semblable à un œil. Un ciel de rouille emplit de poussière et de particules de fer. Au milieu d’un désert, une pyramide de verre. Elle est assise sur un trône de métal. Ses pieds sont nus et trempent dans un tapis de braises. Les poings sont attachés ensemble. Elle se lève et marche doucement. Il n’y a pas de douleur, juste une angoisse qui retourne l’estomac. Elle hurle mais seul le silence lourd lui répond. Autour de la pyramide, des créatures gigantesques sortent du sable. Des serpents de feu et de roche flambant le ciel sans mal. Ils s’élèvent au sud comme au nord. Ils voyagent sans répis. Ils sont des centaines. Des milliers. Partout. Jusqu’à la l’horizon. Plus loin encore. Il n’y a pas d’issue. Rester là et mourir en cendres ou sortir et subir ces Autres. Quelle porte pourra la faire sortir de ce monde interne ? Elle tombe à genou avant de se coucher sur le sol étincelant. Elle perd ses repères, elle laisse aller ses peurs et ses sens. Le sol la brûle mais il n’y a toujours pas de douleur. Juste une impression de perdre une moitié de corps. Ses yeux fixés vers le ciel coulent des larmes de sang brun. Aucun être ailé ne viendra la secourir comme elle le souhaiterait tant. Peu à peu, son dos s’écoule lentement vers les entrailles de la terre intérieure. Tout son corps baigne à présent dans la braise. Et disparaît. Elle respire difficilement, elle étouffe, elle agonise. Enfin. Le réveil est brutal, son front dégouline et sa raison lance à tout va dans un vacarme désespéré : ce n’est qu’un rêve.

mardi 7 juillet 2009

Spider me

L’araignée. Suspendue à son propre fil, tous les yeux vers l’horizon pour ne pas pleurer sur hier. Debout sur son fil, bien vivante à quelques mètres au dessus du sol. Elle ne vole pas mais s’élève. C’est l’artiste sur le fil de la continuité. N’aspirant pas au bonheur divin mais loin au dessus du Gouffre. Juste tisser sans tomber. Tisser pour ne pas tomber. Faire venir le monde à elle, dévorer tout ce qui vient. Un œil sur chaque proie, un sur le soleil, un autre sur la lune. Sa toile est sa création, sa patrie, sa subsistance, son univers. Ni bonne, ni mauvaise, créature au regard neutre, elle s’impose naturellement et entretien sa vie par ses propres lois.