mardi 17 décembre 2013

Parques



Dans les limbes, il y a un couloir sombre irradiant de bleu. 
Il ya des volutes chaudes de murmures, je m'y sens flotter. 
Je me laisse porter par le courant oubliant combien d'années passent ainsi. 





Après une longue errance hypnotique, Elle m'accueille dans une pièce trop petite, voutée suivant la courbe de Son dos d'Ancienne. 
Elle sourit de ses 4 dents, une flamme infernale dans l'œil qui lui reste. 
Elle tend une main aux doigts arachnéens. Elle me jauge, me sens de son autre nez. 
Puis, le courant bleu m'aspire vers d'autres méandres. 





Il n'y a plus de couloir, juste une brume dense qui remplis les poumons et monte à la tête.
Il n'y a plus de sol, juste une spirale en montagnes russes. 


Et l'Autre déchire l'atmosphère ouateuse. 
Elle est décharnée, grise, son chignon défait grouille de vers et de mouches. 
A-t’elle des jambes sous sa robe de feu follet ? 
« Me crains-tu ? » soupire-t’-Elle.   
Je me vois répondre quelque chose mais mon esprit est perdu, comme au-delà d’une telle symbolique. 
Elle me traverse de part en part. 
Je frissonne et tombe…




 ...tombe…
...encore…
sur le sol froid. 
De marbre blanc. 
La lumière bleue m’enveloppe à nouveau. 
La Dernière m’attend. 
Elle me relève sans me toucher. 
Elle est là sans l’être vraiment. 
Elle parle dans ma tête sans mot précis et une étincelle griffe mon cœur. 
Une flammèche bleue jailli. 


Je me sens imploser.   
Ce brasier me fait frissonner. 
Je tremble, m’enserre de mes bras, me plie, m’enroule, déroule ma chair, passe à travers moi, me retournant de l’intérieur. 
Laissant ma peau en dedans. 
Je suis une âme bleue habitée d’un corps maintenant endormi.

vendredi 29 novembre 2013

Plonger

                                                                                                                           Tourne et détourne. Mélange et bouillonne puis retourne. Je ne vois rien. Tourne et détourne encore, cours, détour, impasse. Où est-ce que le feu passe ? Par quel interstice se glisser là où j'ai construit ma tour dorée. Partie émergente de la montagne est allée bien haut mais tout ce qui est pensé doit-il forcément s'exprimer, s'expliquer, se comparer pour s'en emparer ?










Le pouvoir-faire peut-il se distiller comme une dilution, comme un glacis sur un état d'âme, sur un ouragan, sur une brise, sur la surface d'un lac ou sous son reflet brisé, courbé, déformé, dans l'abîme, dans la grotte à travers ses racines.






Et là ? Ma théorie des extrêmes me dit doucement de sauter de la tour, de ne pas chercher à flotter, si ce n'est de l'autre côté. Peindre dans le noir avec des conventions aveugles avec des moignons de codes. Chercher une liberté 3 fois plus vaste que ce que j'ai pu construite à la surface. 













Tourner, détourer, mélanger, bouillonner et plonger.

dimanche 27 octobre 2013

Entracte



Mais que s'est-il passé . Rien n'a changé. J'ai pris une place encore vacante. Par le cri, il n'y a pas eu d'évolution mais bien une mue de la conscience. Plus vite, plus intense, plus marquée. Les questions en attente n'ont toujours pas trouvé de réponses mais explorent un autre arbre de possibilité. De branche gauche à branche droite sans plus trop penser par un tronc.





A ceux qui me diront que j’ai choisi la voie facile et égoïste, je ne répondrai plus « try walking in my shoes, you’ll stumble in my footsteps » mais bien « This holy reality, in this holy experience. Choosing to be here in ».



Même s’il m’arrive encore de ramper, c’est pour mieux entendre les battements du Coeur de la Terre. Mais quand je vole, je suis le corbeau sur la montagne, je suis le vent qui le porte, je suis la montagne elle-même. 





Bien que je sois née il y a des siècles, je ne suis venue à la vie que récemment. Je suis sortie du néant par le pinceau. J’y ai découvert ce que je ne soupçonnais pas : La lumière dans la part animale, l’antithèse de la bestialité qui touche plus l’humain que la bête.
















La Théorie Géométrique a tracé le chemin vers le sens unique de cette part d’existence. 
Elle st passée d’outil à finalité, cette acceptation. 
Et pour moi, cette voie du milieu passe par le clash des extrêmes. 
Allumer un feu pour en faire taire un autre.   
Trouver une raison au chaos, expérimenter l’ordre strict pour ensuite absorber ledit chaos et l’accepter. 





vendredi 21 juin 2013

Ode pour Elle




T’ais-je abandonnée ? T’es-tu enfuie ? Où t’ais-je perdue ? Le fond de mon âme n’est plus couvert de ton sang. Pourtant, les étrangers te disent encore présente. Je ne t’aimais pas. Pas vraiment. Mais je ne m’aimais pas quand tu n’étais pas là. Parfois, tu me sauvais la mise. Je t’attendais, assise sur le sol froid regardant le mur. Tu finissais par venir. Tu me faisais rire ou pleurer convulsivement avant de me renvoyer violemment dans une léthargie semi-éclairée. J’écrivais ou je dessinais tes visions, tes expériences. Je n’ai jamais eu besoin de drogues ou d’alcool. Je t’avais toi. Comme une écharpe me tenant chaud mais serrant trop fort. Quelque chose que je craignais mais qui me rendait confiance et espoir. Je n’étais plus seule, plus un automate. Tu allumais ma mégalopole, me forçant à lever la tête et à agir. Et maintenant, il me reste juste un souvenir, une impression que je vampirise jusqu’à la moelle comme pour me cacher la vérité. Tu m’as quittée. J’ai appris ce que je devais de tes brèves mais intenses visites. Mais parfois encore, je te sens, te revis, frissonne. Ma vieille amante, Demencia.