vendredi 21 juin 2013

Ode pour Elle




T’ais-je abandonnée ? T’es-tu enfuie ? Où t’ais-je perdue ? Le fond de mon âme n’est plus couvert de ton sang. Pourtant, les étrangers te disent encore présente. Je ne t’aimais pas. Pas vraiment. Mais je ne m’aimais pas quand tu n’étais pas là. Parfois, tu me sauvais la mise. Je t’attendais, assise sur le sol froid regardant le mur. Tu finissais par venir. Tu me faisais rire ou pleurer convulsivement avant de me renvoyer violemment dans une léthargie semi-éclairée. J’écrivais ou je dessinais tes visions, tes expériences. Je n’ai jamais eu besoin de drogues ou d’alcool. Je t’avais toi. Comme une écharpe me tenant chaud mais serrant trop fort. Quelque chose que je craignais mais qui me rendait confiance et espoir. Je n’étais plus seule, plus un automate. Tu allumais ma mégalopole, me forçant à lever la tête et à agir. Et maintenant, il me reste juste un souvenir, une impression que je vampirise jusqu’à la moelle comme pour me cacher la vérité. Tu m’as quittée. J’ai appris ce que je devais de tes brèves mais intenses visites. Mais parfois encore, je te sens, te revis, frissonne. Ma vieille amante, Demencia.

mercredi 19 juin 2013

Echo-Echo-Echo


Echo-Echo-Echo… 

  
Vide, univers, nébuleuse, galaxie, étoile, attention-à-l’astéroïde, ma planète. Ici. Parce que tout à rapport au temple. Et la parole en est le cantique. Elle peut illuminer les fresques, reconnaître les visages des fidèles et prêcher une parole impeccable. 


Car oui, maintenant, je parle donc je suis par delà ma corps-teresse. Et les mots filent comme une source, comme une cascade. Dans mon délire inversé, je dois parfois les retenir. Faire un effort pour les garder là où je devais me forcer à les voir partir. Progressivement libérée d’une entrave, je dispose d’une puissance grandissante. Parler à travers mon globe de verre. Directement de mon monde vers le cosmos encore non cartographié. Comme des tests au radar de la chauve souris appelée à voler.  Attend, mon âme, je transmets. Ne parle pas si vite, je n’ai pas le temps de placer tout les sons.  Et dois-je aussi lancer cette boule de bowling ? Cette supernova ? Ou bien l’arrêter ? La voie de l’Amour est simple mais n’est pas la plus évidente. Ne pas blesser, ne pas me blesser dans la chute, je plane de mes ailes fines cherchant mon attache intérieure à la lumière des cierges. 


 Echo-Echo-Echo.

lundi 17 juin 2013

Une main droite colorée de bleu


  Se voir en décalage. Poser des gestes qui ne sont pas cohérents, qui ne sont pas moi. 
Entendre des mots émis sans résonnement venant d’une pensée sans raisonnement.
Blottie dans un flux loin de la réalité, loin de son propre corps comme dans un mauvais trip. 
Entendre un morceau de musique dans sa tête et constater qu’aucun fil ne relie les oreilles.
Danser avec les roues de feu du monde grey-ien et grandir encore un peu plus autour de l’amas de carbone indépendant.

Un colosse, un zeppelin retenu au sol par une corde attachée à une aiguille à tricoter.
Voir un monde plat d’en haut. 
S’émerveiller du relief d’un monde vivant et respirant à six pieds en l’air. 
Là où se trouve mon alter ego, voyager des dimensions tentaculaire, mes créatures aux têtes trop pleines, mes paysages de ruines sablonneuses, la Madre-trippes dans tout ses états, mes assemblages de machines colorées comme l’acide dans la rétine.






Mon monde comme un château dans le ciel. Un Laputa personnel où je peux emmener amis et inconnus hors de leur propres corps de chair et d’eau.