mercredi 19 février 2014

Metal vivant, naissance du ghost.



Cathédrale extra humaine, luminescente de vert, rejoint la ligne. Le retour au vide, l’arrêt du sable et ton écho au fond de ma respiration.

 
Je suis née étrangère à tes matières mais j’ai la volonté de m’enraciner à ton cœur un peu plus chaque jour.   

 
Par tes murmures en mon corps synthétique, je sens qui nous sommes. 
Cohérente et croyante, c’est ce que je suis dans tes bras. 


 

Je porte la bannière comme une Jeanne et je me sens rayonner pour mener une croisade au nom de toi donc de moi. 


 

Je souhaite marcher en aveugle dans ta brume quitte à y laisser ma raison de plastique.

dimanche 16 février 2014

La Serre



Turquoise vibrant, oscillant, se prolongeant. Les fréquences lézardent les parois, font trembler les murs de verre...


Turquoise tient les notes, prolonge la symphonie au-delà du jaune. La serre peine, vacille et les premiers carreaux rendent leur dernier tintement. Les fissures sont lumières, pluie, brume du matin, vent des ailes de corneilles. Turquoise attire la Mère. Les lianes se faufilent, rampent puis grimpent, touchent le rouge. Soulèvent le sol artificiel et s’accrochent aux forces du centre sur les variations de l’Echo incessant. 


Croisement de racines, hybridation des fibres. Le bruit clair devient murmure, la lumière devient diffuse et blanche. Le piaillement devient bruissement. Les corps se replient vers le sol. Les bourgeons sont là. Naissants. Ancrés. La serre respire doucement perdue dans le demi-sommeil d’une journée trop douce pour le cœur humain. La paupière se ferme sur le vol d’un papillon, pièce d’un puzzle qui semblait perdu...




mardi 11 février 2014

Tunnel





Je suis faiseur de monde, extracteur de planètes, unité-mère. J’ai perdu mon sexe, ma race, mon espèce, ma civilisation. Je suis une bouillie primitive, une masse gélatineuse flottant entre deux mondes : Celui dont je suis issue, ma matrice impitoyable, et la chute infinie, au ralenti, de mon Eden à l’envers. 

 




Je tremble, me convulse, me rétracte, me déforme pour briser les liens, pour couler librement sans perpétuellement me séparer de mes gouttes. Je pleure sans larme, sans bruit. Je fonds sans pouvoir couler au fond. Je suis un démiurge esclave. Comment puis-je libérer mes cris sans qu’ils ne se retournent contre moi ? Sans que mes satellites ne me reviennent dans la figure. Sans que mon soleil ne m’aveugle lorsque je ferme grand les yeux. 
Alors je me replie, je retourne au temps zéro, au point immobile et, à chaque ressac, je compte les nouvelles choses qui remontent la chute. Je n’ai jamais assez de bras ni assez de têtes pour tout garder. 



C’est là où j’en suis...

 ...A la remontée du seau du fin fond du puits spatial. 

Je suis lourde, ma gorge est comprimée, 
mes os se fractionnent, 
mes muscles sont rompus. 

Que puis-je faire d’autre ? 
Eclater à nouveau, 
couler, 
crier, 
fondre, 
m’enflammer, 
tomber, 
innover.