lundi 31 mars 2014

Un pas de plus.



 Voyage en dehors de mon corps.
Au premier étage, derrière mes yeux. 





Les nuages ne sont plus gris, ils sont devenus roses.
Ma chair déborde de mes pieds et dégouline dans la douche. 

Le bleu est derrière, le sable à l'avant.
L'ombre est violette. Ou fuchsia sur le blanc. 

Les humains sont entourés de halos jaunâtres, les suivant comme des fantômes. 

Les objets sont des formes et autant de rouages dans l'assemblage permanent.

Peu à peu, les plans se confondent, s'écrasent et filtrent la morne réalité.


Je suis calmement enflammée, ruisselante d'énergie. 

Mes larmes coulent vers le ciel.


 




Les volutes de pensées tournent autour de ma tête comme des insectes doucement bruyants. 
Ma nuée protectrice, ma carapace infra lumineuse de toujours s’agrandit, forme de nouveaux canaux, arborescences plus vertes 
 kaki, 
phtalo, 
turquoise, 
cobalt, 
véronèse, 
pérylène.
Un peu plus, le coeur s'ouvre et rend capable de voir les nuances jusque là perdues dans l'amas couleur de béton.

mardi 4 mars 2014

Auto-sauvegarde



Une impression connue, 
des larmes fantômes. 
Des données dans la tête. 
Une angoisse lointaine. 









 


 




 











Des images, 
des flashes qui apparaissent comme des parasites, 
au mauvais moment. 


Il n'y a jamais de bon moment pour ça.  















 





J'essaie d'attraper ces pensées, 
de les comprimer, 
de les malaxer, 
de les briser 

Mais c'est impossible. 

Elles sont là. 
Elles ne peuvent être formatées. 
Des rides de l'esprit. 










 

 








Alors je les repousse, je les rassemble sur un tas de déchets virtuel. 
J'aimerais récupérer cette innocence, cette matité. 
Dépolluer cet inconscient capricieux qui absorbe chaque centimètre de crasse visuelle ou auditive.













 



Surtout, j'aimerais que cette mélasse sombre ne m'effraie plus, qu'elle décante, qu'elle se tasse. 

J'aimerais ne plus les considérer comme de l'horreur visqueuse. 

J'aimerais pouvoir mettre la main dedans en lui disait qu'elle ne me fait plus rien. Que je suis le corps de métal qu'elle a induit. Que mon cœur est pare-balle. Que mon esprit est libre comme l'enfant, sans concept, sans jugement. 



 


Puis-je courir plus vite que ces insectes collants ? 

Puis-je les éteindre avec de la lumière vive ? 

Puis-je faire quelque chose ? 

- N'y at-il rien que je puisse faire? -





Frustration. 

Prise dans la toile.










Connaitre son ennemi, l'aimer pour pouvoir en venir à bout ? Est-ce que le jeune Porte-Parole a aussi raison pour ça ? 


 

Cette part restera t'elle un rempart si je ne décide pas de l'escalader ?
Combien de rangées de briques noires vont encore s'y ajouter ? 


Je ne veux pas être emmurée.















 





Puis-je voler ?
Le cœur a les ailes, la tête est la boule incandescente. 

Car descente il y aura si la raison importe trop. 

Que le vide l'emporte ? 

Pas tout à fait. 
Un lien avec le sol qui incite à la chute. 










 








Reculer d'un pas pour avancer de deux. Mouvement oscillatoire comme un écho incessant, comme un rythme permettant la transe. 










 














 
Un mouvement perpétuel comme le tic tac froid des battements de ce cœur qui peut se montrer si synthétique. 



 ...Auto-sauvegarde...

dimanche 2 mars 2014

Gynoïde


  
Créature:  - N'y a-t'il rien que je puisse faire ?  
Créateur: - Non. Le changement ne peut être arrêté puisque le futur se confond avec ton présent.
- N'aurais-je pas un mot d'explication sur ma solitude ?
- Non, tu n'auras que cette image pour seule ellipse.


 Créateur : Et pourtant, ma créature, mon organe dissident, je ne devrais pas t'enlever cette autre part de nous. Je peux mettre le doigts dans les plaies, arracher les émotions encre et encore pour que la spirale s'élargisse et se fasse plus douce. Ou bien je peux mettre en lumière celle que nous aimons. Sans artifices. Un nouveau corps blanc de mémoire contenant cette enfant commune.

 Une petite gynoïde pompée à Oshii (pompée à Bellmer) comme un corps blanc (une page blanche) ou comme l'ange gardien qu'elle représente.


La machine à résine est-elle relancée ? Ne demandez pas au Créateur. 
Peut-être faut-il chercher la réponse dans le coeur synthétique du vieux punk ?