mardi 20 mai 2014

Fennec aux yeux d'étoiles

  
Certaines attentes ne semblent jamais prendre fin.

 



Couchée sur le sable, je regarde le ciel. La nuit du désert est scintillante et nuancée. La lune avance comme l’ombre d’un démon, comme un Norsferatu en négatif. 

Qu’est-ce qui me hante ? 

J’ai marché longtemps, gravi les dunes, mais je n’avance pas. J’ai trouvé l’Etoile à suivre, je sais où aller, j’ai quitté la caravane parce que je connais ma lumière. Mais la route molle ne mène et ne mènera nulle part. On ne peut atteindre une étoile en marchant en dessous de la voûte. Il reste la seule et unique barrière. Celle qui est si importante que je n’y ai jamais prêté attention. Celle qui attire la pomme, celle qui m’empêche de voler. Cette force qui me raccroche au sol depuis le premier cri, le cordon ombilical de la MèreTerre. Puis-je seulement m’en détacher sans crainte, sans risque ? Définitivement ? Est-ce une entrave ou de l’autoconservation ?


On m’a dit que ce qui est important, ce n’est pas la destination mais le trajet. 
Soit.

Pourquoi les dunes avancent avec moi ? Pourquoi je croise la piste des mêmes scorpions et  confond les oasis avec les mirages ? Mes semelles sont usées, mes yeux sont fatigués et là, ce soir, l’eau, de quelque nature qu’elle soit, ne me réconforte pas. Je n’aspire qu’à toucher la voûte sombre, cueillir les diamants célestes qui m’obsèdent depuis leur apparition. Je ne veux plus être le fennec qui attend la nuit pour sentir ses yeux briller. Je veux vivre par delà le mur Pesanteur avant que la chaleur ne m’étouffe ou ne meure.