lundi 30 mars 2015

Graal, ego et universel.



J'ai reçu des conseils et je devrais dire merci. Des indications, des pistes nouvelles mais je ressens seulement de la colère. Pourquoi je m'étonne de tourner en rond ? S'il n'y a que de la subjectivité, quel enseignement puis-je en tirer ?

Repartir de zéro sans arrêt à la recherche d'un graal en mouvement perpétuel.

Placer l'expérience matérielle, la nouveauté, le jamais vu comme pilier central. Pour étonner, interpeller, impressionner. Pourquoi ? Satisfaire l'ego de l'artiste, le placer au dessus de "ceux qui n'y ont pas pensé". Dicter l'anarchie par l'aléatoire à coups de grand discours alambiqués pour prouver qu'il y a un vrai contenu. Comme expliquer la psychologie d'une tranche de pain rassis.

Souvent, l'ego de certains artistes me dégoûte. D’ailleurs, mon propre ego me dégoûte. Heureusement, je ne suis pas mon ego et je ne bâtirai sans doute pas de cathédrale de papier.

Ce qui me touche et que je reconnais comme l'éclairage du monde réside dans le mot universel. Les faiseurs d'émotions qui savent s'effacer devant l'essence qu'ils offrent au monde. Sans besoin d'analyse, sans parasite et sans idée matérielle. Communication sans prérequis avec une émotion et une liberté propre. Aussi complexe qu'un monde à part entière. 

Ressentir comme faire l'amour, peindre comme une gestation et enfanter d'une entité indépendante. Un enfant qui choisira de plaire ou de se cacher mais un être à part entière, pas un monstre artificiel ou un clone à la peau lisse.

Alors ce que je veux c'est arrêter de me conformer et de répondre à des attentes impossibles dont l'anticipation me semble être un gouffre noir. Faire taire ceux qui veulent m'enseigner leur version et écouter uniquement ceux qui ne disent rien. Faire partir de l'école sans corps, du monde à l'intérieur du monde. Tourner dans le labyrinthe en gardant la coupe sacrée comme point central de l'horizon.

Je refuse de me perdre. 



mercredi 4 mars 2015

Humeurs pétrolières



La peur de ne rien faire puis celle de mal faire. Service que je rends au monde en restant seule et sans pensées. Ecoute attentive de soi et perte de contrôle d’un corps qui propage des maux diffus que quelques granules et goutes d’élixir arrivent à renvoyer au large des territoires conquis. Je plie parce que c’est la condition pour toucher le sol et rétablir l’équilibre. Les mains dans la terre pour oublier l’étiquette de bête au cerveau hypertrophié. 


Un coup. 
Je suis à terre. Collée au sol, dans un coin, loin en dedans, machine éteinte, engrenages rouillés. La part a été usée par des bassesses du monde de la matière. 


Deux coups.
J’ai pris la poussière à cœur, ça leste mes poumons. Je me suis perdue volontairement dans un court dédale de seconde vie numérique pour que ma charpente arrête de craquer. 


Crac, c’est du sang sans l’être, c’est de l’étincelle aux 7 couleurs. Ça me plonge dans l’autre monde, celui qui n’existe que dans ces carnets à moitié remplis de mots disparates. Je Vois.
J’anticipe le bien, petite fourmi blanche devant une flaque de mazout. Mes pensées me mènent à recommencer. Marcher pour moi-même, avec ou sans bâton. Être le rôle principal de mon existence pour accomplir l’idéal : Toujours sourire à ceux que j’aime. 


Tenir des mains pour courir plus vite. Embrasser des lèvres comme ouvrir des portes vers des planètes voisines. Écouter des mots 360° pour cimenter la confiance unitaire. Porter la lumière pour eux, pour moi. Ces pensées créent mes étincelles, lucioles errantes dans mon ventre, dans mon estomac, dans ma tête. Éclairent la nuit de mes humeurs pétrolières.